Pédagogie par projet : création de site web

Chaque année, je propose aux étudiants de L1 un projet sur l’année en travail de groupe. Cette pédagogie par projet leur permet de fédérer et développer l’ensemble des compétences numériques nouvelles acquises au cours de cette 1ere année universitaire dans le cours de TD de Culture numérique, qui est souvent le premier vrai cours de culture numérique qu’ils ont dans leur parcours scolaire.

Etapes en 2 temps de la pédagogie par projet :

Bravo à tous !

créer un site web

Ce projet représente un véritable challenge pour la majorité des étudiants de 1ere année, qui n’ont pas eu de cours de Culture numérique, ni jamais réalisé un site web. Leur montée en compétence en 1 an est énorme et ils sont très fiers de leur évolution. Alors go !

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Photo de Ivan Samkov sur Pexels.com

  1. Mener une veille documentaire sur un sujet de culture numérique :

TRAVAIL DE GROUPE : Les étudiants doivent choisir un.e camarade pour constituer un groupe de travail en binôme. En raison de l’enseignement à distance, j’ai dû réduire ce nombre à 2, afin de leur faciliter les échanges à distance, surtout lors des confinements successif (il y en a eut 2 cette année 2020-2021, en novembre-déc. 2020 et en mars 2021). Les étudiants de L1 n’ont pas vraiment l’habitude de s’organiser ni de travailler en groupe sur l’année. Ils doivent donc apprendre à respecter le délais de rendus des travaux à chaque étapes du projet, les mises en forme demandés, tout en utilisant des outils numérique collaboratifs parfois nouveaux pour eux. Ils reconnaissent que l’utilisation du chat et des réseaux sociaux les aident également à communiquer entre eux.

SUJET DE CULTURE NUMÉRIQUE : Ils doivent également choisir un thème de recherche parmi une liste de 15 sujets en culture numérique. Ces sujets sont imposés, ainsi que le plan du dossier qu’ils doivent rendre dans les 3 mois au 1er semestre, sous forme d’un texte et d’un diaporama qui fait l’objet d’une présentation orale. Mais les étudiants ont une marge de manœuvre dans le traitement du sujet, dans l’axe de recherche et dans le choix des exemples significatifs à mettre en avant pour illustrer leurs propos. Certains de ces thèmes sont également enseignés au 2d semestre, voir mon précédent article ici.

CRÉATION D’UNE VEILLE DOCUMENTAIRE : La méthodologie universitaire du 1er semestre est ainsi consacrée à l’enseignement de la Recherche d’information-RI et à la mise en place d’une veille documentaire sur le sujet qu’ils ont choisi, en binôme. Des outils de veille et un compte Twitter doivent être utilisés et validés par des exercices successifs et des objectifs clairs. Cette recherche documentaire sur le Web, est guidée par les méthodes de veille classique avec les différentes étapes à respecter. Elle doit être complétée par les outils et ressources disponibles à la Bibliothèque Universitaire – BU. Ils apprennent ainsi à avoir des sources pertinentes, à découvrir de nouveaux médias, à vérifier l’information, à en tirer les informations nécessaires, à synthétiser leurs idées, à les mettre en forme et à les diffuser. Nous avons remarqué que ces différentes étapes sont très laborieuses pour la plupart des étudiants. Il faut donc prendre le temps nécessaire pour bien leur faire assimiler la méthodologie, à avoir des sources fiables et sérieuses, à savoir les sélectionner et les retranscrire de manière professionnelle. Cette méthodologie étant nouvelle pour eux, il faut parfois toute une année afin qu’ils la comprenne et l’assimilent réellement. Par ailleurs il peut y avoir des réticences à utiliser l’outil Twitter, en raison de sa mauvaise réputation. Il faut alors leur expliquer son fonctionnement, leur montrer les avantages et les limites, et son utilité qui pourra être prolongée tout au long de leur cursus.

Cette année, les sujets les plus prisés par les étudiants ont été : « les influenceurs et les youtubeurs », « Les réseaux sociaux », « Les plateformes de musique en ligne », « les jeunes sur internet », « le cyber-harcèlement » et « l’intelligence artificielle »

2. Créer un site Web informatif grand public sur une thématique de Culture numérique

CREATION D’UN SITE WEB : A partir de leur dossier de veille, les étudiants créent au 2d semestre un site web informatif sur un CMS simple gratuit. Je leur donne des éléments de base dans les éléments suivants : vocabulaire du Web design, charte graphique, écriture web, graphisme web, UX design, choix des images libres de droit, respect du droit d’auteur, responsive design et web design responsable. Des cours en présentiels leur permettent de compléter leur formation en création d’images multimédia : photomontages, création de vidéos, graphisme, remix et mashup.

OUTILS UTILISES : CMS gratuits WordPress et Wix qui a nécessité la création de tutoriels en ligne pour les étuditants et 2H de cours communs pour leur démonstration. Outils de veille: Tableau de veille et profil Twitter. Les méthodologies de recherche d’information, de connaissance des sources d’analyse de médias et de synthèse sont également étudiées et expérimentées sur les heures de cours de TD en présentiel à l’UCO avec ma collègue Tiphaine Carton. Outils de PAO : retouches photos, graphisme, multimédias étudiés lors des cours à l’université avec les intervenants Tom Niderprim, Léo Lefort, Anne Leffray.

LICENCE LIBRE ET EXPOSES DE LEUR SITE : Les étudiants doivent connaître et utiliser les règles de partage sur le Web, telle que la licence Créative Commons. A l’issue du semestre, après plusieurs étapes et exercices de validation de leur site, ils doivent livrer leur site web et le présenter à l’oral devant la classe. Cet exposé apprend à savoir se présenter, à valoriser leur travail et leur permet d’évoquer les difficultés et facilités rencontrées lors de ce projet. En voici quelques exemples tirés de leurs sites :

« Créer un site web était une première fois pour moi, cela a été un atout en plus dans mon CV, ça été utile pour décrocher un stage. Je peux être amené à gérer leur site web. » Salim

Photo de RODNAE Productions sur Pexels.com

« Nous avons énormément apprécié ce travail de groupe, c’est un bagage complet en numérique, un gros plus dans le monde de la communication » Lise

Photo de Anastasiya Gepp sur Pexels.com

« Au début la prise en main du CMS était un peu compliqué, les tutoriels nous bien ont aidé. On s’est rendu compte que créer un site est plus compliqué qu’on ne le pensait, cela prend du temps. On est très fiers de nous d’y être arrivé et d’avoir plus de compétences numériques. » Amael

« Nous avons appris l’envers d’un site web, ses coulisses. C’était une très bonne expérience, nous avons appris à gérer un CMS, à ajouter du contenu tout en étant créatif, et nous avons beaucoup appris sur notre sujet. » Clara

3. Apprendre à travailler en groupe

Travailler en groupe est un apprentissage pour les étudiants. Ils doivent à la fois s’adapter à l’autre et aux exigences et consignes du projet. Les avantages sont nombreux, entre l’échange des idées, le partage équitable du travail, le partage d’outils de travail et le fait de rester motivé. Même si pour le projet de site web, les étudiants sont en général très motivés et curieux d’atteindre les objectifs.

Loin des pratiques acquises au lycée, les travaux de groupe constituent une opportunité de développer compétences techniques et savoir-être que l’on retrouve dans les Soft skills. Le fait de travailler ensemble permet de confronter les idées. L’enseignant fait jouer plusieurs facettes : il favorise les investigations, les échanges entre les élèves, les aide à émettre des hypothèses, à les tester, à observer, à expliquer en argumentant, à faire des recherches documentaires. Le travail en groupe donne à l’enseignant l’occasion d’exercer pleinement son rôle d’accompagnement au plus près du travail des élèves. Nous avons retenus 5 avantages pour les étudiants :

Avantage nº1 : la confrontation à des opinions différentes

Qui se ressemble s’assemble. Le proverbe est bien connu et c’est d’ailleurs un problème. Travailler en groupe permet de se confronter à des styles, des opinions et des comportements différents. Autant de manières de sortir de sa zone de confort et de faire éclater sa bulle informationnelle pour une grande richesse sur le plan intellectuel. C’est la raison pour laquelle le travail en groupe – et particulier au sein de groupes hétérogènes – est très intéressant. C’est un processus qui prend du temps et qui est accompagné par les équipes pédagogiques, mais qui participe à l’accomplissement personnel des étudiants.

Avantage nº2 : le développement des soft-skills

Travailler en groupe, c’est devoir composer directement avec le facteur humain. Un terrain de jeu parfait pour développer ses soft-skills, entre gestion de crise, communication non verbale et expression du leadership. Les soft-skills, c’est ce qui fait la différence entre deux étudiants en apparence identiques. C’est ce petit plus qui apporte charisme et confiance dans les relations interpersonnelles : savoir communiquer, motivation et enthousiasme, adaptabilité, esprit et travail d’équipe, gestion du temps, prise d’initiative et proactif (sens des responsabilités, résolution de conflits, gestion de situations difficiles), éthique professionnelle (fiabilité, rigueur, persévérant.e, respectueux, être à l’écoute), esprit d’analyse (esprit de synthèse, ingéniosité, apprentissage rapide), ouverture d’esprit et curiosité, leadership (prise de décision, délégation, motiver, superviser, gérer), esprit d’entreprise, créativité (imaginatif, sensibilité artistique, communication visuelle, stroytelling, écritures nouvelles), confiance en soi, gestion du stress, être audacieux.

Les travaux de groupe sont justement des exercices pour parfaire ses soft-skills. La négociation y est constante et il faut ajuster la dynamique de groupe selon une grande variété de facteurs propres à l’environnement dans lequel il évolue.

Avantage nº3 : le développement de l’expression orale

Bien s’exprimer est indispensable dans le monde professionnel. Et c’est justement quelque chose qui s’apprend à l’UCO de Nantes. Le but est de savoir s’exprimer simplement, d’aller droit au but, de pratiquer l’écoute active et d’être capable de synthétiser une situation ou une décision de manière claire. Un étudiant qui s’exprime clairement est un étudiant qui sait se faire comprendre.

Et ce qui fonctionne en travail de groupe, devant une classe ou un amphithéâtre, fonctionne aussi en face d’un recruteur. En apprenant les bonnes pratiques et les techniques de communication, les étudiants ont ainsi plus confiance en eux et repoussent leurs limites. Un apprentissage qui permet aussi d’améliorer la prise de parole en public.

Avantage nº4 : pour apprendre à travailler en équipe

Travailler en équipe n’est pas inné. C’est le fruit de longues expériences qui sont peu à peu améliorées. C’est la raison pour laquelle, le travail de groupe est un tremplin à la fois stimulant et enrichissant. On peut faire beaucoup en groupe : on se stimule, on se challenge et on apprend surtout à se connaître et à mieux connaître les autres. D’autre part, le travail en groupe est également vecteur de valeurs positives, comme l’entraide et la solidarité. Dans tout groupe comme dans toute équipe, on gagne ensemble et on perd ensemble.

Avantage nº5 : un avant-goût du monde professionnel

Si le travail de groupe est si important dès la L1, c’est en raison de la réalité opérationnelle des entreprises. Briefing créatif, réunion commerciale, mise au point, lancement d’un nouveau projet, planification d’un événement… le travail en groupe est partout.

L’expérimenter à l’université donne un avant-goût de cette réalité. Art de la synthèse, écoute, prise de parole, motivation collective… que ce soit dans le cadre de l’animation de réunions ou du management d’une équipe pluridisciplinaire, les réflexes acquis à l’université résonnent toujours en entreprise.

En apparence simple et facile, le travail de groupe est en réalité une micro-société bien organisée. Un écosystème avec ses codes et ses règles qu’il faut appréhender de manière efficace. Un bon travail de groupe peut d’ailleurs faire d’un projet banal une idée de génie. Il ne reste plus qu’à pratiquer !

Liste de site web réalisés par les étudiants de L1 Info-Com UCO Nantes 2020-2021

Influenceurs et Youtubeurs

Ce thème a été largement été étudié par les étudiants. Ces nouveaux métiers ont énormément évolués en quelques années et lors de la pandémie. Les étudiants ont su montrer ces importantes évolutions économiques, sociales et technologiques, ils ont été curieux et pertinents dans leurs site web

Comment ça marche ?

Voici quelques exemples de sites web et de mises en pages réalisés par les étudiants de L1. Ils doivent respecter une architecture et un Menu précis, à adapter selon le sujet et les axes qu’ils ont choisis de développer: comment ça marche ?, économie, comparaison, enjeux actuels et à venir, conclusion et bibliographie

L’intelligence artificielle

Qu’est-ce que l’IA ? Quelle est son évolution, en France, en Europe, dans le monde ? Où est-elle présente dans notre quotidien ? Quelle est son évolution à venir ?

Les jeux vidéos

Le marché des jeux vidéos s’est considérablement développé ses dernières années en France et encore plus pendant la pandémie. En moyenne, un joueur passe 12h par jour devant son écran. Ce groupe a su créer un site très design et créatif à découvrir ici !

Les jeunes sur Internet est un sujet qui interpellent les étudiants, ils apprennent les pratiques réelles et décryptent les messages alarmistes des médias. Voir ce site ici
Le journalisme Web et les nouveaux Médias : Plusieurs étudiants se destinent au journalisme, ils ont choisis d’étudier le Journalisme Web : sa nouvelle économie, ses nouveaux modèles, ses nouveaux médias et ses modes de diffusion indissociables à présent des réseaux sociaux. Voir le site web ici
Nuage de mots créé pour chaque thématique, sur chaque site, voir ici sur les Jeunes et Internet
Site Web sur les Influenceurs et les Youtubers, les étudiantes ont fait un bon travail d’analyse très documenté, et elles font part de ce que leur a apporté ce projet de travail de groupe. Site à voir ici
Spotiphy, Deezer, Youtube, le thème des plateformes en ligne fait l’objet de beaucoup de curiosité et de site web. Ce groupe a créé un site très design est complet sur la question, à voir ici

QUEL EST VOTRE SITE WEB PRÉFÉRÉ ?

Un des site web les plus complet et les mieux réussit est celui de ces deux étudiants sur les plateformes de musique en ligne sur Wix. En plus des 5 pages demandées, ils les ont déclinés en une vingtaine de pages très bien documentées, illustrées et explicatives. Bravo à tous pour leurs travaux ! Voir ce site Les plateformes de musique en ligne ici

« Ma plus grande satisfaction est de voir grandir en chaque étudiant.e leur propre fierté et la confiance en ce qu’ils ont accompli »

Laure Boyer, enseignante en Sciences de l’Information et de la communication

Cours en culture numérique et étude des médias

Vous cherchez un intervenant ou vous voulez mettre en place une nouvelle formation ?

Les jeunes et les réseaux sociaux, formation Vivant, nov. 2020

Dans le cadre du projet « Un Air de vérité – Renforcer l’esprit critique » mené par le pure player VIVANT le média (86), soutenu par le Ministère de la Culture, j’ai été appelé à réaliser une session de formation en visio sur les Jeunes et les réseaux sociaux le 6 novembre 2020

Dans le cadre du projet « Un Air de vérité – Renforcer l’esprit critique » mené par le pure player VIVANT le média (86), soutenu par le Ministère de la Culture, j’ai été appelé à réaliser une session de formation en visio sur les Jeunes et les réseaux sociaux le 6 novembre 2020

Il s’agissait de former les 2 acteurs et créateurs de théâtre interactif sur les pratiques jeunes :

  • Hélène Bannier, fondatrice de Vivant m’a demandé d’exposer les points suivants:
  • Quelles sont les pratiques des jeunes sur les réseaux sociaux ?
  • Quels sont les différents réseaux sociaux utilisés par les jeunes?
  • Quel est leur fonctionnement et quelles sont leurs spécificités ?

Les principales propositions

que j’ai faites ont été illustrées par une présentation (visuels suivants) et les vidéos d’Arte avec la série Dopamine :

  1. Il faut mettre à distance et nuancer des discours anxiogènes sur les pratiques numériques des jeunes qui circulent largement dans les médias. Ces discours sont souvent exagérés et amplifiés à tort, les jeunes ayant par expérience plus de recul et ils sont moins naïfs qu’on ne le pense vis-à-vis des réseaux sociaux.
  2. Chez les pré-ados de 11-13 ans, les 3 réseaux sociaux les plus utilisés sont Youtube, Snapchat et Tik Tok.
  3. Chez les ados et les jeunes de 16-25 ans, les 3 réseaux sociaux les plus utilisés sont Youtube, Instagram et Snapchat.
  4. Durant le 1er confinement en mars-avril 2020, leur consommation des réseaux sociaux a beaucoup augmenté. L’application la plus téléchargée est Tik Tok (+ 27 %), pour se détendre en regardant les vidéos d’humour, de musique-karaoké et de challenges. Snapchat, Instagram et Twitter ont légèrement augmenté en usages. L’applis de messagerie Whatsapp a été beaucoup plus été utilisé (+ 18 %), ainsi que Discord (+ 10 %) conçu initialement pour les communautés de joueurs puis par les développer et des jeunes par groupes. Alors que Messenger et Facebook ont été moins utilisés.
  5. 14h53 passées en ligne par semaine. Selon les données de Data Gouv, 84% des enfants de 12 ans disposeraient d’un smartphone qui constitue leur moyen de connexion privilégié. Ils passent 14h53 par semaine sur Internet, soit plus de 2h par jour, une consommation semblable au Royaume-Uni où les 8-11 ans sont connectés 13h35 par semaine (+23% entre 2014 et 2018) selon le Kids Digital Media Reports de PWC 2019
Série Dopamine d’Arte, explique les ressorts des réseaux sociaux pour nous rendre accros, octobre 2019
Angela Weiss – AFP

Selon Méta-média en septembre 2019 :

Émergence de pré-ados ultra-connectés :

« Le processus d’accès aux réseaux sociaux est progressif et s’effectue de façon bien plus précoce que les âges induits par la RGPD ne le prévoit (…) Être inscrit sur les réseaux sociaux est banal dès la 6e », explique l’agence. Les 10-11 ans sont déjà majoritaires (54,7%) à l’être à l’entrée au collège et le taux d’inscription atteint environ 90% en 3e.

Mais la prise de contact avec les plateformes se fait en réalité dès le milieu du primaire, souvent avec des fonctionnalités ludiques comme les lenses et les filtres avec lesquels des proches vont jouer avec les plus jeunes. La fonction de messagerie se propage fin primaire et le collège est synonyme de début d’exposition publique.

Pour les pré-ados, les réseaux sociaux servent principalement à communiquer avec ses proches et à regarder des vidéos. Mais il existe des différences significatives entre genres. Les filles montrent un usage de socialisation beaucoup plus fort que les garçons. Alors que ces derniers regardent davantage de contenus et jouent aux jeux vidéo, les filles de 5e privilégient davantage les discussions et le partage de photos et vidéos.

S’informer reste une pratique peu répandue chez les deux groupes (autour de 12%) qui ne partagent quasiment jamais des liens ou des articles (3%). Elle se développe davantage dans l’adolescence au lycée, puisque 78% des 15-25 ans disent s’informer sur les réseaux sociaux.

Pratiques numériques des jeunes, en quête d’identité, de reconnaissance, d’appartenance et d’humour. Diapo de la session avec Laure Boyer

Quels sont les réseaux sociaux les plus utilisés par les ados ?

YouTube… N°1 pour la musique et les vidéos

YouTube, devenu un média incontournable, « bénéficie d’une unanime et très haute cote d’amour de la part de tous les plus jeunes. » Dans les cours de récré, les collégiens discutent de ce qu’ils y regardent, comme on discutait autrefois du programme de la veille au soir à la télé. « Devenir streamer ou Youtuber est une perspective caressée par tous ou presque » affirme Heaven. Et pour ceux qui ont déjà une chaîne, elle devient un espace de discussion entre amis.

Snapchat, messagerie no1

Snapchat est toujours privilégié comme une messagerie ludique avec un usage en « one to one ». Le caractère éphémère des publications est valorisé et diverses fonctionnalités (lenses, bitmoji, filtres amusants, flammes…) favorisent le jeu et l’engagement entre amis.

Pour les pré-ados, l’usage des Stories sur Snapchat est secondaire et non généralisé parmi les utilisateurs. Quant aux contenus partenaires Discover, ils sont largement ignorés par les plus jeunes. Les plus âgés l’utilisent plus fréquemment puisque les infos apparaissent dans leur feed par défaut, parmi les photos à filtres, Ils l’utilisent sans savoir que cela s’appelle « Discover ».

Instagram : deux comptes plutôt qu’un pour gérer son image

Sur Instagram, les collégiens apprennent à gérer leur image. Et pour éviter les faux pas, ils sont de plus en plus nombreux à cloisonner leurs publications en fonction de leurs amis, quitte à créer plusieurs comptes.

Contrairement à Snapchat, les Stories sont plébiscitées pour leur authenticité. La messagerie est de plus en plus utilisée et les pré-ados accueillent avec bienveillance le développement de fonctionnalités d’achat sur Instagram.

TikTok divise

Tiktok est toujours en croissance (+3,3 points) et toujours majoritairement adopté par les filles.

« Créer une vidéo sur TikTok est davantage perçu comme un jeu ou une performance que comme un moyen de s’exposer ou de se valoriser »Mais tout le monde n’est pas unanime sur lesdites performances parfois jugées innovantes ou au contraire malaisantes.

Peu de célébrités sur la plateforme, mais des créateurs de tout âge, pas forcément connus sur d’autres réseaux et un taux d’engagement qui bat des records.

Whatsapp, l’application utile

WhatsApp prend la 4e place du classement (31,7%, +1,8 points).

La messagerie est jugée utile, sans autre engagement émotionnel, pour communiquer avec ses parents ou en groupe au sein du collège.

Facebook toujours en baisse, passe dernière Messenger

Facebook qui n’intéresse plus que 20% des pré-ados, accuse une baisse cette année de près de 8 points et passe même dernière Messenger.

Twitter pour suivre des « adultes intéressants »

Twitter n’est que peu adopté par les élèves sur les réseaux sociaux. La plateforme est identifiée comme celle qui permet de suivre les « adultes intéressants » comme des participants à des émissions de téléréalité, des gamers, sportifs, Youtubers… Twitter reste une source de contenus humoristiques (mêmes, blagues…), mais n’en a plus le monopole, Instagram et TikTok étant de sérieux concurrents sur ce créneau.

Discord, entre la messagerie et le forum

C’est la surprise de cette année, Discord commence à être cité comme application de référence par une partie des interrogés, parfois même celle sur laquelle ils passent le plus de temps. Une autre partie des sondés n’en a jamais entendu parlé. Avec plus de 250 millions d’utilisateurs, Discord est une application de messagerie vocale et textuelle bien connue des gamers, mais aussi de plus en plus des jeunes en général qui apprécient la fluidité et la qualité des échanges organisés en forums (appelés « serveurs ») qui rassemblent une communauté autour de sujets de discussion variés.

Twitch, pour le live streaming

À l’instar de Discord, Twitch (racheté par Amazon en 2014)  a d’abord été adoptée massivement par les gamers, mais on y trouve aujourd’hui d’autres communautés qui s’y retrouvent sur bien d’autres sujets et apprécient les interactions en direct avec les streamers. Avec l’ouverture d’un bureau à Paris début septembre, Twitch est sans aucun doute la « petite » plateforme qui monte.

Diverse people using their phones

Comment les jeunes s’informent sur internet ? via les réseaux sociaux

Les réseaux sociaux sont les nouveaux infomédiaires pour la presse et l’information. Largement devant les médias traditionnels TV, radios.

Graphique Médiamétrie sur une base des 15-34 ans, cf. Air Of Melty https://www.airofmelty.fr/les-reseaux-sociaux-premiere-source-d-information-pour-les-millennials-a656747.html
Diapo de la session : les médias sur les réseaux Snapchat, par Laure Boyer
Diapo de la session: les médias sur les TikTok, par Laure Boyer

Après Snapchat, les médias débarquent aussi sur Tik Tok avec là aussi des contenus spécialement créés pour l’application 100% vidéos. 70 % des ados disent s’informer sur les réseaux sociaux.

 L’éducation aux médias doit désormais inclure une éducation à la culture numérique. Car médias et réseaux sociaux sont de plus en plus imbriqués l’un dans l’autre. Si bien qu’on ne peut pas comprendre les circuits des modes d’information et d’accès à l’information, sans comprendre le fonctionnement d’Internet, du Web et des réseaux sociaux.

VOIR NOS COURS ET INTERVENTIONS DISPONIBLES :

Cours en culture numérique et informatique – 2021-2022 -Universités

Culture numérique et étude des médias – Cours et ateliers 2021 – 2022 – Plateform

Note : 1 sur 5.

Merci à tous pour vos commentaires et à votre intérêt pour le sujet !! 🙂 https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:6735279356681166848/

Conférence « Savoir décrypter l’information sur le web » – UTL St-Jean-de-Luz – 07/11/2018

A la demande de l’Université du Temps Libre de Saint-Jean-de-Luz (64), Plateform donnera une conférence sur la présence des médias sur le web, quels sont les nouveaux enjeux économiques et comment s’y retrouver ? Destinée au grand public, la conférence est intitulée:
« Savoir décrypter l’information sur le web : fake news, réseaux sociaux et nouveaux médias »

A la demande de l’Université du Temps Libre de Saint-Jean-de-Luz (64), Plateform donnera une conférence sur la présence des médias sur le web, quels sont les nouveaux enjeux économiques et comment s’y retrouver ? Destinée au grand public, la conférence est intitulée:

« Savoir décrypter l’information sur le web : fake news, réseaux sociaux et nouveaux médias »

« Aujourd’hui nous sommes submergés d’informations que ce soit par les médias traditionnels (presse papier, TV, radio) tant que par les nouveaux médias (applications, abonnements, journaux en ligne) sur Internet.

Il s’agira ici d’aborder cette thématique en apportant des éléments de compréhension à la nouvelle économie de l’information qui est en jeu, à la propagation du phénomène des fake news, et au bon usage des réseaux sociaux pour s’informer. » Laure Boyer

 

Utl_stjeanDate: Mercredi 7 novembre 2018 de 15h à 16h30

Lieu: Université du Temps Libre – Côte Basque Sud

12 Avenue André Ithurralde, 64500 Saint-Jean-de-Luz

T.: 05 59 26 41 95

                      Entrée libre

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