Les jeunes et les réseaux sociaux, formation Vivant, nov. 2020

Dans le cadre du projet « Un Air de vérité – Renforcer l’esprit critique » mené par le pure player VIVANT le média (86), soutenu par le Ministère de la Culture, j’ai été appelé à réaliser une session de formation en visio sur les Jeunes et les réseaux sociaux le 6 novembre 2020

Dans le cadre du projet « Un Air de vérité – Renforcer l’esprit critique » mené par le pure player VIVANT le média (86), soutenu par le Ministère de la Culture, j’ai été appelé à réaliser une session de formation en visio sur les Jeunes et les réseaux sociaux le 6 novembre 2020

Il s’agissait de former les 2 acteurs et créateurs de théâtre interactif sur les pratiques jeunes :

  • Hélène Bannier, fondatrice de Vivant m’a demandé d’exposer les points suivants:
  • Quelles sont les pratiques des jeunes sur les réseaux sociaux ?
  • Quels sont les différents réseaux sociaux utilisés par les jeunes?
  • Quel est leur fonctionnement et quelles sont leurs spécificités ?

Les principales propositions

que j’ai faites ont été illustrées par une présentation (visuels suivants) et les vidéos d’Arte avec la série Dopamine :

  1. Il faut mettre à distance et nuancer des discours anxiogènes sur les pratiques numériques des jeunes qui circulent largement dans les médias. Ces discours sont souvent exagérés et amplifiés à tort, les jeunes ayant par expérience plus de recul et ils sont moins naïfs qu’on ne le pense vis-à-vis des réseaux sociaux.
  2. Chez les pré-ados de 11-13 ans, les 3 réseaux sociaux les plus utilisés sont Youtube, Snapchat et Tik Tok.
  3. Chez les ados et les jeunes de 16-25 ans, les 3 réseaux sociaux les plus utilisés sont Youtube, Instagram et Snapchat.
  4. Durant le 1er confinement en mars-avril 2020, leur consommation des réseaux sociaux a beaucoup augmenté. L’application la plus téléchargée est Tik Tok (+ 27 %), pour se détendre en regardant les vidéos d’humour, de musique-karaoké et de challenges. Snapchat, Instagram et Twitter ont légèrement augmenté en usages. L’applis de messagerie Whatsapp a été beaucoup plus été utilisé (+ 18 %), ainsi que Discord (+ 10 %) conçu initialement pour les communautés de joueurs puis par les développer et des jeunes par groupes. Alors que Messenger et Facebook ont été moins utilisés.
  5. 14h53 passées en ligne par semaine. Selon les données de Data Gouv, 84% des enfants de 12 ans disposeraient d’un smartphone qui constitue leur moyen de connexion privilégié. Ils passent 14h53 par semaine sur Internet, soit plus de 2h par jour, une consommation semblable au Royaume-Uni où les 8-11 ans sont connectés 13h35 par semaine (+23% entre 2014 et 2018) selon le Kids Digital Media Reports de PWC 2019
Série Dopamine d’Arte, explique les ressorts des réseaux sociaux pour nous rendre accros, octobre 2019
Angela Weiss – AFP

Selon Méta-média en septembre 2019 :

Émergence de pré-ados ultra-connectés :

« Le processus d’accès aux réseaux sociaux est progressif et s’effectue de façon bien plus précoce que les âges induits par la RGPD ne le prévoit (…) Être inscrit sur les réseaux sociaux est banal dès la 6e », explique l’agence. Les 10-11 ans sont déjà majoritaires (54,7%) à l’être à l’entrée au collège et le taux d’inscription atteint environ 90% en 3e.

Mais la prise de contact avec les plateformes se fait en réalité dès le milieu du primaire, souvent avec des fonctionnalités ludiques comme les lenses et les filtres avec lesquels des proches vont jouer avec les plus jeunes. La fonction de messagerie se propage fin primaire et le collège est synonyme de début d’exposition publique.

Pour les pré-ados, les réseaux sociaux servent principalement à communiquer avec ses proches et à regarder des vidéos. Mais il existe des différences significatives entre genres. Les filles montrent un usage de socialisation beaucoup plus fort que les garçons. Alors que ces derniers regardent davantage de contenus et jouent aux jeux vidéo, les filles de 5e privilégient davantage les discussions et le partage de photos et vidéos.

S’informer reste une pratique peu répandue chez les deux groupes (autour de 12%) qui ne partagent quasiment jamais des liens ou des articles (3%). Elle se développe davantage dans l’adolescence au lycée, puisque 78% des 15-25 ans disent s’informer sur les réseaux sociaux.

Pratiques numériques des jeunes, en quête d’identité, de reconnaissance, d’appartenance et d’humour. Diapo de la session avec Laure Boyer

Quels sont les réseaux sociaux les plus utilisés par les ados ?

YouTube… N°1 pour la musique et les vidéos

YouTube, devenu un média incontournable, « bénéficie d’une unanime et très haute cote d’amour de la part de tous les plus jeunes. » Dans les cours de récré, les collégiens discutent de ce qu’ils y regardent, comme on discutait autrefois du programme de la veille au soir à la télé. « Devenir streamer ou Youtuber est une perspective caressée par tous ou presque » affirme Heaven. Et pour ceux qui ont déjà une chaîne, elle devient un espace de discussion entre amis.

Snapchat, messagerie no1

Snapchat est toujours privilégié comme une messagerie ludique avec un usage en « one to one ». Le caractère éphémère des publications est valorisé et diverses fonctionnalités (lenses, bitmoji, filtres amusants, flammes…) favorisent le jeu et l’engagement entre amis.

Pour les pré-ados, l’usage des Stories sur Snapchat est secondaire et non généralisé parmi les utilisateurs. Quant aux contenus partenaires Discover, ils sont largement ignorés par les plus jeunes. Les plus âgés l’utilisent plus fréquemment puisque les infos apparaissent dans leur feed par défaut, parmi les photos à filtres, Ils l’utilisent sans savoir que cela s’appelle « Discover ».

Instagram : deux comptes plutôt qu’un pour gérer son image

Sur Instagram, les collégiens apprennent à gérer leur image. Et pour éviter les faux pas, ils sont de plus en plus nombreux à cloisonner leurs publications en fonction de leurs amis, quitte à créer plusieurs comptes.

Contrairement à Snapchat, les Stories sont plébiscitées pour leur authenticité. La messagerie est de plus en plus utilisée et les pré-ados accueillent avec bienveillance le développement de fonctionnalités d’achat sur Instagram.

TikTok divise

Tiktok est toujours en croissance (+3,3 points) et toujours majoritairement adopté par les filles.

« Créer une vidéo sur TikTok est davantage perçu comme un jeu ou une performance que comme un moyen de s’exposer ou de se valoriser »Mais tout le monde n’est pas unanime sur lesdites performances parfois jugées innovantes ou au contraire malaisantes.

Peu de célébrités sur la plateforme, mais des créateurs de tout âge, pas forcément connus sur d’autres réseaux et un taux d’engagement qui bat des records.

Whatsapp, l’application utile

WhatsApp prend la 4e place du classement (31,7%, +1,8 points).

La messagerie est jugée utile, sans autre engagement émotionnel, pour communiquer avec ses parents ou en groupe au sein du collège.

Facebook toujours en baisse, passe dernière Messenger

Facebook qui n’intéresse plus que 20% des pré-ados, accuse une baisse cette année de près de 8 points et passe même dernière Messenger.

Twitter pour suivre des « adultes intéressants »

Twitter n’est que peu adopté par les élèves sur les réseaux sociaux. La plateforme est identifiée comme celle qui permet de suivre les « adultes intéressants » comme des participants à des émissions de téléréalité, des gamers, sportifs, Youtubers… Twitter reste une source de contenus humoristiques (mêmes, blagues…), mais n’en a plus le monopole, Instagram et TikTok étant de sérieux concurrents sur ce créneau.

Discord, entre la messagerie et le forum

C’est la surprise de cette année, Discord commence à être cité comme application de référence par une partie des interrogés, parfois même celle sur laquelle ils passent le plus de temps. Une autre partie des sondés n’en a jamais entendu parlé. Avec plus de 250 millions d’utilisateurs, Discord est une application de messagerie vocale et textuelle bien connue des gamers, mais aussi de plus en plus des jeunes en général qui apprécient la fluidité et la qualité des échanges organisés en forums (appelés « serveurs ») qui rassemblent une communauté autour de sujets de discussion variés.

Twitch, pour le live streaming

À l’instar de Discord, Twitch (racheté par Amazon en 2014)  a d’abord été adoptée massivement par les gamers, mais on y trouve aujourd’hui d’autres communautés qui s’y retrouvent sur bien d’autres sujets et apprécient les interactions en direct avec les streamers. Avec l’ouverture d’un bureau à Paris début septembre, Twitch est sans aucun doute la « petite » plateforme qui monte.

Diverse people using their phones

Comment les jeunes s’informent sur internet ? via les réseaux sociaux

Les réseaux sociaux sont les nouveaux infomédiaires pour la presse et l’information. Largement devant les médias traditionnels TV, radios.

Graphique Médiamétrie sur une base des 15-34 ans, cf. Air Of Melty https://www.airofmelty.fr/les-reseaux-sociaux-premiere-source-d-information-pour-les-millennials-a656747.html
Diapo de la session : les médias sur les réseaux Snapchat, par Laure Boyer
Diapo de la session: les médias sur les TikTok, par Laure Boyer

Après Snapchat, les médias débarquent aussi sur Tik Tok avec là aussi des contenus spécialement créés pour l’application 100% vidéos. 70 % des ados disent s’informer sur les réseaux sociaux.

 L’éducation aux médias doit désormais inclure une éducation à la culture numérique. Car médias et réseaux sociaux sont de plus en plus imbriqués l’un dans l’autre. Si bien qu’on ne peut pas comprendre les circuits des modes d’information et d’accès à l’information, sans comprendre le fonctionnement d’Internet, du Web et des réseaux sociaux.

VOIR NOS COURS ET INTERVENTIONS DISPONIBLES :

Cours en culture numérique et informatique – 2021-2022 -Universités

Culture numérique et étude des médias – Cours et ateliers 2021 – 2022 – Plateform

Note : 1 sur 5.

Merci à tous pour vos commentaires et à votre intérêt pour le sujet !! 🙂 https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:6735279356681166848/

Enquête sur les Pratiques numériques des étudiants pendant le confinement du 17 mars au 11 mai 2020

Résultats de l’enquête sur les pratiques numériques des étudiants de L1 à l’UCO de Nantes en InfoCom, Maths et Histoire. 

60 étudiants ont répondu au questionnaire sur leurs pratiques numériques en général et pendant la période exceptionnelle du confinement débutée le 17 mars, entre le 2 avril et le 16 avril 2020

60 étudiants de 18 à 20 ans, de Licence 1 en Information communication, Informatique et Maths,  ont répondu à un questionnaire de fin d’année en deux parties. La 1ere partie porte sur leur addiction estimée aux réseaux sociaux et au smartphone. 

La 2e partie traite de leurs pratiques numériques pendant le confinement exceptionnel que nous avons vécu en France, suite à la fermeture des établissements scolaires et des universités du 17 au 11 mai 2020.

Le questionnaire leur a été proposé lors de la 3e et 4e semaine de confinement (du 20e au 30e jour, soit au milieu de la période de confinement), ils avaient donc déjà un peu de recul sur ce nouveau “mode de vie” contraint et sur les nouvelles modalités de travail étudiant à distance avec l’université. Voici les résultats:

Résultats de l’enquête :

Enquête étudiants pendant le confinement, UCO Nantes, Laure Boyer, juin 2020

88% sont rentrés chez leurs parents

Selon notre enquête, 88% des étudiants sont rentrés chez leur parents à l’annonce du confinement, effectif au 17 mars 2020. Ce retour “à la maison”, pour des raison évidente d’espace de vie et de coût (ne pas rester confiné dans un studio ou une chambre de 9m2 qu’il faut payer à vide), d’isolement et de sécurité, sont reportés dans de nombreux articles de presse et reportages dans les médias à la mi-mars (voir l’article dans Le Monde). 

Seuls 7% sont restés dans un logement à 2 (en couple ou avec un.e ami.e), 3,5% en collocation, et 1 seul.e étudiant.e dit être restée seul.e dans son studio. Les jeunes trop éloignés de leurs parents, vivants parfois à l’étranger, ou dans les DOM-TOM, n’ont pas pu rejoindre leur famille. 

45% vivent en ville et 37% sont à la campagne

Quasiment la moitié des étudiants sont repartis vivre en ville, tandis que l’autre moitié est parti en confinement à la campagne pour 37% et en zone péri-urbaine (proche de la nature) pour 17 %

On comprend aussi aisément le choix de retourner vivre chez ses parents pendant cette période de confinement, dans des espaces plus vaste, en milieu soit urbain soit rural.

Enquête étudiants pendant le confinement, UCO Nantes, Laure Boyer, juin 2020

Face à la situation sanitaire, ils sont d’abord inquiets pour leurs études et leurs examens, puis pour leurs proches

Aux 3e et 4e semaines de confinement, les étudiants sont d’abord inquiets pour leurs études et pour les examens pour plus de la moitié d’entre eux, à 55%. A cette date, les dates d’examens et leurs modalités de passage n’étaient pas encore tous très clairs. On comprend donc qu’ils soient d’abord mobilisés sur leurs études, le suivi et la préparation de leurs examens, en vue de valider leur année.  

Selon l’étude de Rennes II proche de ces résultats, l’absence de visibilité sur leurs examens amplifie leurs inquiétudes: “Au-delà de l’anxiété liée à l’épidémie (peur pour soi et pour ses proches), la vie se trouve bouleversée et certain·e·s étudiant·e·s se disent débordé·e·s, perdu·e·s et inquiet·e·s. Et l’absence de visibilité sur les conditions de déroulement des examens a un effet amplificateur.”

Ils sont ensuite inquiets pour leurs proches à 50% et en questionnement par rapport aux actions du gouvernement pour 1/3. A cette date, l’action du gouvernement était aussi beaucoup plus floue, que ce soit dans la stratégie adoptée, que dans les informations reçues concernant les stocks de masques, les préconisations à leur sujet, les possibilités réelles de test. 

Il est intéressant de noter qu’ils ne sont pas du tout inquiets pour eux-même ni pour leur santé (2%). Étant jeunes, ils savent que ce sont surtout les personnes âgées qui sont touchées mortellement par le virus. Ce constat est le même dans l’enquête de l’université de Rennes II “Plus de la moitié des étudiant·e·s (58%) disent se sentir bien ou plutôt bien à l’issue de 10 jours de confinement”. 

La situation en France et dans le monde, leurs études l’an prochain et leurs stages les préoccupent pour 1/4 des étudiants

Les étudiants sont ensuite inquiets quant à la situation en France et dans le monde (34%). A cette période, le virus atteignait son pic en France et se répandait encore plus en Europe et dans le monde. Ce qui devenait très anxiogène. 

Puis ils se montrent inquiets par rapport à leur étude l’an prochain et par rapport à leur stage (30%). Ceux-ci vont-ils être maintenus? Ou reporté mais à quand? Dans le cas contraire, comment ce module va -t-il être validé? On comprend donc qu’ils se posent des questions sur la validation de leur année et la possibilité de passer en L2. Que va-t’il se passer si l’année est remise en cause et leur fait perdre une année d’étude? Avec les coûts et les frais que cela engendre. Avec l’investissement intellectuel et les efforts d’apprentissage de savoir que cela représente. 

Enquête étudiants pendant le confinement, UCO Nantes, Laure Boyer, juin 2020
Enquête étudiants pendant le confinement, UCO Nantes, Laure Boyer, juin 2020

Activités qui les ont aidé à tenir pendant les 3 semaines:

En premier viennent: le sport, les échanges avec les amis et la famille, le rangement. Puis regarder des films, le jardinage, bricolage et la lecture. Certains évoquent une “prise de conscience du moment présent”, les répercussions positives sur la nature qui a pu reprendre ses droits et même la pratique de la méditation. Par contre, le soutien des enseignements ou les informations dans les médias n’ont pas joué qu’un rôle minime.

Les interactions avec les amis et la famille pendant le confinement par SMS et sur les réseaux sociaux

Concernant les interactions sociales pendant le confinement, les SMS et les réseaux sociaux ont été largement sollicités pour rester en contact avec les amis et la famille, tous les jours à 84%. Contrairement au téléphone qui a été utilisé moitié moins au quotidien.

On voit ici les usages du numériques ont été beaucoup plus utilisés et sont plus pratiques pour communiquer à tous moments avec ses proches, de manière interactive et plus libre qu’avec le téléphone.

Tableau des réponses au formulaire Forms. Titre de la question : 12. Par SMS et sur les réseaux sociaux, à quelle fréquence utilisez vous ces outils pour échanger avec vos proches? . Nombre de réponses : 56 réponses.
Enquête étudiants pendant le confinement, UCO Nantes, Laure Boyer, juin 2020

Un usage des réseaux sociaux décuplé pendant le confinement 

L’usage des réseaux sociaux a été décuplé pendant le confinement, pour 88% des étudiants. Même si ¼ d’entre eux considère qu’ils ont su modérer tout de même le temps passé sur les écrans et leur addiction aux réseaux.  

Tableau des réponses au formulaire Forms. Titre de la question : 14. Pensez-vous passer plus de temps sur les écrans, Internet et les réseaux sociaux qu'avant ? . Nombre de réponses : 56 réponses.
Enquête étudiants pendant le confinement, UCO Nantes, Laure Boyer, juin 2020

Les plateformes utilisées restent sensiblement les même qu’avant le confinement: Instagram 82%, Snapchat 73%, Messenger 60%, suivis de Youtube 40%, Twitter et Whatsapp 35%

Les plateformes préférées des étudiants étant Instagram, Snapchat et Youtube. Twitter apparaît en 4e place avec 38%. Tik Tok apparaît en favoris pour seulement 18%, au même niveau que Facebook.

On voit que pour leurs interactions pendant le confinement, les jeunes ont beaucoup plus utilisé les plateformes qu’ils utilisaient avant : Instagram et Snapchat. Instagram est apprécié pour la créativité, les informations, suivre des stars et pour les belles photos. Snapchat est utilisé pour communiquer avec leurs amis, pour les filtres et pour l’humour. Twitter est apprécié pour suivre l’actualité, faire de la veille et suivre des personnalités. 

84% des étudiants se disent accros aux réseaux sociaux 

dont la moitié affirment tout de même garder un esprit critique et un certain recul sur cette addiction, et ⅓ trouvent cela génial de pouvoir découvrir de nouvelles choses à travers des réseaux et se faire éventuellement de nouveaux contacts.

Enquête étudiants pendant le confinement, UCO Nantes, Laure Boyer, juin 2020

80% des étudiants ont rencontré un certains nombre de difficultés qui les ont freinés et perturbés dans leur travail. 

Les principales difficultés rencontrées sont: 

Enquête étudiants pendant le confinement, UCO Nantes, Laure Boyer, juin 2020

Problème de connexion à internet: trop de monde connecté en même temps sur la même box, mauvaise connexion, interruption de connexion pendant les cours en visioconférences.

Problème de concentration: lieu de travail inhabituel, difficulté à être visioconférence plusieurs heures par jour, fatigue et stress, manque de calme, difficulté à tout gérer en même temps (on n’a pas plus de temps parce que l’on est chez soi); anxiété, stress dû au Covid-19 (cf. Article The Conversation sur le stress d’une pandémie) et à ses conséquences pour eux (études, stage, examens), pour leurs proches et pour les autres en général.

Problème de suivi pédagogique: certains enseignants ont bien suivi la continuité pédagogique pour les étudiants, d’autres ont soit été absents, soit ils n’ont pas donné de consignes et de dates claires. Les informations ont été données souvent au lance pierre, au dernier moment, sans être très précis parfois, ce qui ajoutait à la confusion générale. Les étudiants ont souvent dû se débrouiller entre eux, par sms, email et groupe de chat pour clarifier les choses, s’encourager, se soutenir, échanger des documents, les dates de rendus et les travaux de groupe. 

Problème de volume de travail:  Certains enseignants ont donné chacun un trop grand nombre de cours à faire avec des dossiers à distance à faire (pour palier au cours en présentiel), mais dans des délais souvent beaucoup trop court (1 semaine). Il y eu beaucoup de confusion dans le planning des cours à suivre et des dossiers à rendre, ils auraient tous aimé avoir un planning clair des cours et des examens par UE. 

Les étudiants ont aussi été confronté à trop grand nombre de dossiers de groupe à faire, dont leur réalisation et leurs rendus étaient beaucoup plus difficile à faire avec la distance, pour que chacun se coordonne dans les temps, cela n’était pas si évident.

Les étudiants de L1 1er année découvrent le travail universitaire et doivent déjà, en temps normal, assimiler un grand nombre de nouveaux éléments et méthodologies propre à l’Université. A cette nouveauté, s’ajoutait ici le travail à distance en télétravail, ce à quoi il n’ont jamais été formés. 

Problème de communication avec les enseignants et de partage des documents: certains étudiants ont évoqués les consignes floues, démultiplications des supports d’information (email, Sharepoint, Teams, Chamilo, …) qui ont fait perdre du temps, des cours parfois loupés parce que l’information n’a pas été bien donnée. Il conviendrait à l’avenir de leur faciliter la tâche et de rassembler sur une seule plateforme l’ensemble des cours, le dépôt de leurs travaux, le calendrier et les tutoriels. 

20% restant n’ont pas eu de difficultés particulières et ont su vite s’organiser

Tandis que d’autres n’ont pas eu de difficultés particulières pour 20% d’entre eux. Après la mise en route un peu difficile au début, certains ont vite su s’organiser, prendre un nouveau rythme et se concentrer sur les examens. 

Outils numériques utilisés pendant le confinement par les étudiants de l’UCO Nantes

Enquête étudiants pendant le confinement, UCO Nantes, Laure Boyer, juin 2020

Des informations sur ces outils: satisfaisantes? 

Les explications et tutoriels disponible pour Teams et les autres outils utiles au étudiants ont été pour la moitié d’entre eux jugés suffisants. Soit ils ont eu l’information, soit ils savaient déjà plus ou moins les utiliser, soit ils se sont formés eux-même en regardant des tutoriels et entre pairs. Cependant, l’autre moitié soit 50% des étudiants n’ont pas reçu ces explications, voire aucune formation et ont perdu beaucoup de temps à comprendre comment les utiliser. Il est notable d’ailleurs que seulement 60% ont utilisés la plateforme de cours de l’UCO Chamilo. 

Certains cependant déplorent avoir été livrés à eux-même, n’avoir eu “aucune explications” et ne pas avoir été assez accompagnés dans la maîtrise des outils numériques. Ils auraient aimé avoir une formation personnalisée en directe:

“Même si au début d’année on a eu une « formation », témoigne un étudiant, je me sens toujours perdu avec ses outils et j’aurais préféré avoir une formation (personnelle ?) en direct sur l’utilisation de Teams et de toutes ses applications, Word pour les dossiers à faire”.

Un étudiant demande enfin qu’ils soient prévenus “à l’avance par mail quand quelque chose est mis sur SharePoint ou Teams, car on ne le voit pas toujours”.

Ces exemples montrent que la diversité des supports utilisés et sans doute aussi le manque de préparation de certains enseignants eux-mêmes à l’utilisation des différents outils numériques, ont été source d’angoisses, de stress, d’incompréhensions, de retards, signalés également dans les réunions de bilan de fin d’année, sur les forums et dans la presse. Une bonne moitié des étudiants ont tout de même été satisfaits des outils numériques et des formations quant à leur utilisation. Il apparaît évident que celles-ci seront renforcées à la rentrée prochaine 2020-2021, notamment pour les primo arrivants à l’université.

Illustration pour Le Monde du 01/07/2020 sur les protocoles sanitaires à l’Université

En effet, comme le préconise David Alis, président de l’Université Rennes 1, la rentrée sera « hybride » en septembre: elle mêlera enseignement en présentiel et en distanciel. Et pour ce nouveau dispositif, étudiants et enseignants doivent être prêts et équipés des outils et supports numériques adaptés. Pour Gilles Roussel, président de la Conférence de présidents d’université, l’Etat doit investir pour financer les nouveaux outils numériques dont les établissements auront de plus en plus besoin à l’avenir. Car les Universités se trouvent dans la majorité des cas dans des situations complexes d’augmentation d’effectifs depuis 10 ans et de baisse de budget qui les rend exsangues. Face à cette nouvelle crise, tous les étudiants ne sont pas équipés pour pouvoir suivre les cours à distance. Prêts d’ordinateurs, formations aux outils et suivis pédagogiques c’est bien ce qui est prévu à l’UCO de Nantes pour les Licences 1 dans le cours de Culture numérique en présentiel et en distanciel et de MTU – Méthodologie du travail universitaire. Quant au protocole sanitaire, il sera fixé à la rentrée.

Retrouvez l’ensemble de l’infographie sur Piktochart ou cliquez sur l’image : https://create.piktochart.com/output/46524186-infographie-confinement-etudiants

Enquête étudiants pendant le confinement, UCO Nantes, Laure Boyer, juin 2020

Bibliographie-Sitographie : 

– Enquête “Moi jeune” : “Confinés et demain?”, du journal 20 Minutes, en partenariat avec Opinion way, du 3 au xx avril 2020 

– Enquête JobTeaser, “Étudiants et jeunes diplômés inquiets”, Sud Ouest, 05.05.2020. URL:https://www.ouest-france.fr/sante/virus/coronavirus/confinement/enquete-etudiants-et-jeunes-diplomes-sont-inquiets-5caba682-8dff-11ea-b939-7f38976ea60e 

– Université de Rennes 2, “Confinement: Enquête sur les conditions de vie et d’étude”, 3 avril 2020,près de 3500 étudiants ont participé. 

Voir les résultats sur le site de l’Université Rennes 2 : https://www.univ-rennes2.fr/article/confinement-enquete-sur-conditions-vie-detudes 

+ un article paru dans Ouest France le 06 avril 2020 :https://www.ouest-france.fr/sante/virus/coronavirus/confinement-rennes-2-10-des-etudiants-disent-se-sentir-mal-voire-tres-mal-6801355 

+ Reportage de France 3 Bretagne réalisé à Rennes 2 en avril 2020 : https://www.youtube.com/watch?v=WjR2nfqKnD0 

– Université Rennes 1, interview de son président David Alis: “Rennes 1 prépare une rentrée “hybride” en septembre”, Ouest France, 09/06/2020 https://www.ouest-france.fr/bretagne/rennes-35000/universites-rennes-1-prepare-une-rentree-hybride-en-septembre-6863264  

– Le Mans Université, “Enquête: recensement des difficultés de nos étudiants”, 07 avril 2020 : http://www.univ-lemans.fr/fr/actualites/agenda2020/fevrier2020/coronavirus/enquete-etudiants-quelles-sont-vos-difficultes.html 

 – Public Sénat: “Etudiants: quelles aides en période de confinement?”, vidéo Youtube URL: https://www.youtube.com/watch?v=I5ShSt6wFkM 

– Retour des étudiants chez leur parents à l’annonce du confinement, paru le 17/03/2020, Le Monde, URL : https://www.lemonde.fr/campus/article/2020/03/17/rester-dans-son-studio-ou-rejoindre-ses-parents-le-dilemme-des-etudiants-en-temps-de-confinement_6033363_4401467.html 

Stages: Coline de Silans, “Stages interrompus ou annulés: la galère des étudiants pendant le confinement”, 20 mars 2020, Welcome to the jungle, URL: https://www.welcometothejungle.com/fr/articles/stage-annules-etudiants-confinement 

– Bloggeurs:

– JuriXio

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Bri2n : “9 étudiants parlent du confinement et de l’après virus”, vidéo du 24 avril 2020 https://www.youtube.com/watch?v=fSjn-KfgcGk 

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